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TEFAF Online

Avec TEFAF, l’expertise à domicile

A quelques jours du lancement de la première édition en ligne de TEFAF NY, COLLECT a interrogé le nouveau président du CA de la foire, Hidde Van Seggelen. Son équipe a connu une année mouvementée : TEFAF Maastricht 2020 fermait ses portes à mi-chemin et TEFAF Spring New York n’a pas eu lieu. Pourtant, tout le monde est désormais sur le pont. TEFAF New York se réinvente en ligne, tandis TEFAF Maastricht espère rouvrir ses portes en mai 2021. 

TEXTE: Els Bracke

TEFAF est une conjugaison de marchands solidaires qui s’illustre dans la grande quantité de participants
à sa prochaine édition en ligne. C’est un euphémisme de dire que le négoce de
l’art est pour le moment
très flexible, dynamique
et novateur. Hidde Van Seggelen : « Lorsque nous avons basculé vers TEFAF Online, suite à la propagation constante de la pandémie, nous avons jugé utile de faire participer toute la communauté TEFAF. Notre organisation compte 340 membres, dont 280 à Maastricht. Chacun d’eux n’a le droit de montrer qu’un seul objet, une règle très stricte pour les marchands, mais qui nous permet de proposer une grande diversité. ‘‘Qualité interdisciplinaire’’, telle est la devise de la TEFAF. Les participants retenus sont ceux de la TEFAF Maastricht 2020 et de l’édition annulée de TEFAF Spring New York. » Le fait que les musées et autres collectionneurs, fassent désormais leurs achats en ligne ne doit pas être rébarbatif. Car l’offre proposée est séduisante.  

Courte durée, mais fort impact

Par analogie avec un salon traditionnel, les marchands rencontrent virtuellement leur public et les acheteurs à heure fixe. Les meilleurs clients sont invités à une avant-première de la visite, à laquelle le grand public pourra ensuite participer. Hidde Van Seggelen : « Nous évoquons parfois, au sein de la TEFAF, la possibilité de proposer une plateforme en ligne toute l’année, avec des participants sélectionnés, mais c’est le rôle d’une galerie et non le nôtre. Cette situation inédite a mis en évidence deux éléments : la durée d’attention et le contrôle de la qualité, ce qui nous a fait opter pour un seul chef-d’œuvre par marchand. Ce que la TEFAF représente et symbolise se doit d’être perçu en ligne, alors que ce qui se passe dans une galerie et à l’extérieur ne concerne que le marchand. Le contrôle des objets est ce qui compte le plus à nos yeux et ce pour quoi nous travaillons d’arrache-pied derrière nos écrans. Contrôler plusieurs pièces par participant
aurait engendré un travail titanesque. Nous ne pouvons nous le permettre, tout comme nous ne pouvons abaisser notre niveau d’exigence. Ce vetting est donc une de nos priorités absolues. » 

© Robert Simon Fine Art, New York, Lucas Cranach the Elder and Workshop.

Patrimoine culturel

« Ce qui nous caractérise, c’est une réserve et une prudence considérables : qualité exceptionnelle et compétence sont nos principaux critères, tout comme une très grande diversité. Tout ne coûte pas un million d’euros ou plus à la TEFAF. Y sont également proposés de remarquables objets pour quelques milliers d’euros. Les pièces les
moins chères ne figurent
bien entendu pas sur la plateforme en ligne, mais un de mes objets favoris dans cette édition ne coûte que 12.000 euros, un prix tout à fait abordable. Le patrimoine culturel occupe également une place de choix : le savoir- faire et l’amour du métier. Chez nous, par exemple, le marchand en manuscrits Johan Gunther, dont le stand figure sur nos ‘‘Champs- Elysées’’, s’est spécialisé dans l’histoire de l’imprimerie et le transfert des connaissances. L’unicité de la TEFAF réside dans l’attention
que nous portons à cette spécialisation, tout autant qu’à un marchand de Picasso. Quel autre salon propose une telle plateforme ? » 

Aider ce qu’il y a de meilleur

Certaines œuvres d’art sont soumises à l’épreuve du temps, comme les pièces antiques, les découvertes archéologiques, mais aussi les maîtres ou les livres anciens nécessitant un examen minutieux.
Le commerce en ligne présente, à cet égard, un plus grand risque que pour les tableaux modernes dont la provenance et l’état sont davantage vérifiables. Certains segments ont-ils dès lors besoin d’une attention et d’un soutien accrus de
la part de la TEFAF ? Hidde Van Seggelen : « Le marché étant ce qu’il est, nous nous sommes rapprochés de
Clare McAndrew afin d’en établir une étude détaillée et chiffrée, publiée tous les ans au mois de mars. Etant donné que de nombreuses analyses du marché sont en cours, nous réfléchissons toujours
à la manière d’y réagir concrètement. Nous aidons également les segments plus confidentiels et cherchons
à les rendre plus désirables, pour le bien des marchands et des collectionneurs. Mais, nous nous cantonnons à ce qu’il y a de meilleur ! Il ne sert à rien de proposer des objets de piètre qualité. » 

© Axel Vervoordt, Hong Kong/Antwerp, Monumental head of Min.

Nouvelle technologie

Le visiteur en ligne ne se retrouvera pas dans une réalité augmentée où
des scans 3D de vases antiques et autres bijoux étincelants en exagèrent l’aspect. Tout dépend des marchands et, comme pour l’aménagement d’un stand, certains se montrent plus créatifs et novateurs que d’autres. Hidde Van Seggelen explique : « Nous n’avons pas d’équipe parcourant le monde afin d’instruire les marchands et de mettre en place des caméras. Nous donnons certes des directives, mais chacun peut exprimer son propre désir. Avec cette nouvelle plateforme, nous souhaitons avant tout faciliter l’accès du public et mettre en œuvre une technologie novatrice pour le futur. C’est un investissement lourd. Et même si notre plateforme ne présente qu’une seule œuvre, personne n’est empêché de suivre un lien et de continuer sa visite sur le site du marchand concerné. En ce sens, nous facilitons également la tâche des participants. » 

Des collectionneurs tirés du placard

Marchands, organisateurs de salons et maisons de ventes font de leur mieux pour écrire ce nouveau scénario.
Il faut bien entendu que les collectionneurs acceptent de jouer le jeu. « Un responsable d’une salle de ventes m’a rappelé récemment que certains de leurs principaux collectionneurs en maîtres anciens n’avaient toujours pas d’adresse e-mail. Comme la salle n’envoie quasi plus de catalogues imprimés, ce collaborateur veille en personne à signaler les pièces intéressantes à ces collectionneurs à l’aide de documents imprimés par ses soins. Ce sont les mêmes personnes qui viennent à la TEFAF et y achètent des œuvres. La nutation vers
un scénario en ligne ne sera donc possible qu’en évitant une suite lassante d’un trop grand nombre de photos et légendes et en ne proposant qu’un seul chef-d’œuvre par marchand. Chacun dispose donc d’une page avec, dans le haut, l’illustration de l’œuvre, dont on peut agrandir certains détails, et en bas, les données techniques y afférentes et la présence en ligne ou non du marchand. Si celui-ci est en ligne, un simple clic suffit pour lui poser des questions ou prendre rendez-vous.

Autrement dit, on frappe à une porte et quelqu’un vous accueille. Ou vous passez votre chemin si personne ne répond. Cette communication s’effectue
en dehors de la plateforme. En cas de vente directe, la pièce concernée ne disparaît pas de l’écran. Certains marchands surprennent par leur choix, tandis que d’autres présentent des œuvres déjà proposées plusieurs fois par le passé. Ce sont surtout les collectionneurs plus âgés qui vont devoir s’adapter à ce changement. C’est pourquoi nous facilitons au maximum la prise de contact et les échanges. Et si vous regrettez l’ambiance conviviale des salons, sachez qu’un site internet n’a nullement pour but de les remplacer, mais plutôt de multiplier les possibilités en ligne et hors ligne.»  

© Pace Gallery, New York, Donald Judd.

En ‘‘vrai’’ au printemps

Les organisateurs de la TEFAF décidaient, début octobre,
de déplacer l’édition de Maastricht de mars à fin mai 2021. « Nous avons choisi une période où les températures sont plus élevées, où les gens se déplacent plus facilement, sortent en bonne santé de l’hiver et où la sécurité
est pleinement assurée à Maastricht, ville dans laquelle on peut déambuler à loisir.» Hidde Van Seggelen aime Maastricht et insiste sur sa place centrale en Europe qui ne nécessite pas de devoir prendre l’avion. « J’espère que les collectionneurs reviendront à la TEFAF au printemps prochain et qu’ils pourront contempler de belles œuvres en toute sécurité. » 

VISITER
En ligne avec enregistrement préalable
www.tefaf.com
 01-11 to 04-11

 

 

 

 

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